Renouvelables en Wallonie : 88% des Wallons favorables (IPSOS 2026)

En février 2026, EDORA a demandé à IPSOS de sonder 1 500 Wallons de 18 ans et plus. Quotas appliqués sur le genre, l'âge et les provinces. Terrain du 12 au 17 février, avant le déclenchement du conflit iranien. 

Voilà pour la méthode. Les résultats, eux, sont sans ambiguïté.


88% des Wallons favorables aux renouvelables

Ce n'est pas un vote de gauche. Les électeurs MR sont à 88% — exactement dans la moyenne wallonne. Les Engagés font mieux encore. C'est un fait qu'il faut laisser reposer un instant avant de continuer.

Ce qui motive ce soutien ? Deux choses, principalement. 73% des répondants estiment que les renouvelables sont indispensables pour le climat. 69% y voient un levier d'indépendance énergétique, un argument qui a pris du poids ces dernières années. L'angle économique, emplois locaux, factures allégées, convainc environ un Wallon sur deux. Pas encore le réflexe dominant, mais présent.

67% pensent que le gouvernement wallon devrait accélérer.  


Le solaire : peu de résistance

82% des Wallons sont pour l'énergie solaire. 88% veulent qu'elle soit davantage développée dans la région. Elle est perçue comme la moins chère des renouvelables (71%) et la plus facile à installer (80%).

Là où ça devient vraiment intéressant : les Wallons ne s'arrêtent pas aux toitures. Parcs solaires en zones industrielles : 82% oui. Sur les grandes aires de parking : 75% oui. Sur des terres agricoles, à condition que l'exploitation ne soit pas significativement touchée :72% oui encore.

C'est un sacré feu vert pour ceux qui hésitent encore à lancer des projets.


L'éolien : habiter à côté change les choses

C'est sur l'éolien que le débat public est le plus chargé. Et c'est là que le sondage produit son résultat le plus instructif.

15% des Wallons ont une éolienne visible depuis chez eux. 27% vivent dans une commune qui en a une. Ces riverains sont plus favorables à l'éolien que les autres, pas marginalement. Avant l'installation d'une éolienne dans leur environnement, 64% s'y déclaraient déjà favorables. Après : 72%. L'expérience réelle dissipe une partie des craintes.

La question de la valeur immobilière en est un bon exemple. Parmi ceux qui n'ont pas encore d'éolienne à côté : 36% anticipent un impact négatif sur la valeur de leur bien. Parmi ceux qui en ont une : 23%. Et la majorité dit qu'il n'y a eu aucun impact notable.

Quant aux Wallons qui ne sont pas encore riverains de parcs, 60% accepteraient une éolienne dans leur commune si les normes régionales, acoustique, distances, intégration paysagère, sont respectées.


Ceux qui ont investi dans le renouvelable sont les plus convaincus

6 Wallons sur 10 ont déjà fait le pas : panneaux photovoltaïques, isolation, pompe à chaleur, biomasse. Leur satisfaction est frappante, 95 à 96% pour les panneaux et l'isolation. Et sans grande surprise, ces mêmes personnes sont plus favorables aux renouvelables que celles qui n'ont rien encore fait : 7,9/10 contre 7,4/10. L'expérience concrète est le meilleur argument.

Les 40% restants ne sont pas sceptiques. La première raison invoquée pour ne pas avoir investi, c'est d'être locataire (55%). Ensuite, le coût, primes insuffisantes ou investissement perçu comme trop lourd (47% combinés). Ce sont des freins structurels, pas une défiance vis-à-vis des technologies.


La majorité silencieuse existe. Elle est très favorable.

Qui prend la parole dans les réunions d'information publique ? Souvent, les mêmes. Les opposants organisés, présents, préparés. Ce sondage ne dit pas que leurs inquiétudes sont sans fondement. Il dit qu'ils ne parlent pas au nom de la majorité.

La majorité ne vient pas aux réunions. Elle ne signe pas les pétitions. Elle ne rédige pas de courriers aux bourgmestres. Mais elle existe, et à 88%, elle est favorable.

Pour les développeurs et les communes qui font face à une opposition locale active, ces données sont utiles, non pour court-circuiter le débat, mais pour qu'il reflète la réalité.


Source : IPSOS pour EDORA, enquête auprès de 1 500 Wallons de 18 ans et plus, terrain du 12 au 17 février 2026, marge d'erreur ±2,5%.


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