Solaire intelligent : la vision d’Enerdeal pour une industrie plus résiliente

Fin 2025, Enerdeal annonçait deux projets majeurs en Wallonie : une centrale de 5,2 MWc sur le site sidérurgique d’Industeel à Charleroi et une centrale au sol de 11 MWc sur une ancienne décharge réhabilitée à La Louvière, en partenariat avec la SPAQUE

Deux projets très différents, mais porteurs d’un même message : le solaire industriel n’est plus marginal. Il devient un pilier de la transition énergétique, de la compétitivité et de la souveraineté énergétique des entreprises.

Deux projets qui résument l’ADN d’Enerdeal

Selon Grégoire de Pierpont, CEO d'Enerdeal, ces annonces illustrent pleinement le positionnement d’Enerdeal. L’entreprise est spécialisée dans le solaire industriel de moyenne et grande taille. Elle développe, finance et exploite des projets pour des entreprises et des institutions en Belgique, mais aussi au Luxembourg et en France. Aujourd’hui, cela représente environ 300 MW installés répartis sur près de 300 projets.

Les projets d’Industeel et de la SPAQUE traduisent deux priorités fortes : accompagner des industriels lourds dans leur décarbonation et valoriser des surfaces complexes ou inutilisables autrement, comme des friches ou des sites réhabilités.

Un impact CO₂ mesurable, sans opposer climat et compétitivité

Les installations d’Enerdeal permettent d’éviter environ 150.000 tonnes de CO₂ par an. Cet impact, loin d’être anecdotique, s’inscrit dans une logique assumée : ne pas opposer transition climatique et compétitivité économique.

Sur le site d’Industeel à Charleroi, la centrale de 5,2 MWc couvrira environ 20 % des besoins électriques du site, en autoconsommation totale. L’effet est double : contribuer aux objectifs climatiques du groupe ArcelorMittal tout en réduisant l’exposition aux prix volatils de l’énergie.

Du solaire « passif » au solaire intelligent

Le marché de l’énergie connaît une mutation profonde. D’ici 2030, la consommation électrique devrait augmenter de plus de 30 %, sous l’effet de l’électrification des usages industriels, de la mobilité électrique et des pompes à chaleur. En parallèle, la part des énergies renouvelables augmente fortement : elle représente environ 30 % de l’électricité en Belgique et 40 % au niveau européen, principalement via le solaire et l’éolien.

Cette évolution crée des défis nouveaux pour le réseau, avec des pics et des creux de production et de consommation. Dans ce contexte, un réseau géré de manière statique atteint vite ses limites. C’est ce qui explique, selon Grégoire de Pierpont, le passage d’un solaire « passif » à des solutions solaires intelligentes intégrant des systèmes de gestion de l’énergie (EMS) et du stockage par batteries.

Flexibilité, rentabilité et stabilité du réseau : les bénéfices concrets

L’apport clé du solaire intelligent, c’est la flexibilité. Grâce à un EMS et à des batteries, un site industriel peut adapter sa consommation, stocker l’énergie quand elle est abondante ou peu chère, puis la restituer au bon moment.

Pour les entreprises, cela se traduit par une rentabilité nettement améliorée, parfois jusqu’à doubler celle d’une installation solaire classique. Pour le réseau, cela signifie davantage de stabilité. Et contrairement à certaines idées reçues, le solaire intelligent ne crée pas de problèmes : il contribue à les résoudre.

Les freins du solaire B2B et les réponses apportées par Enerdeal

Les obstacles restent connus : disponibilité des surfaces, coût de l’investissement initial, saturation du réseau et manque de flexibilité des modèles classiques. Enerdeal dit y répondre par des solutions concrètes, notamment via des modèles As-a-Service (Energy as a Service) où l’entreprise finance intégralement l’installation.

Dans ce cadre, le client paie soit une redevance, soit l’énergie consommée. L’objectif est clair : transformer un CAPEX en OPEX maîtrisé. En fin de contrat, la centrale peut être transférée au client, qui bénéficie alors d’une énergie quasi gratuite.

Friches, toitures, parkings : le potentiel des surfaces disponibles

Le projet de La Louvière illustre une autre manière d’aborder la question des surfaces. Le site SAFEA était une ancienne décharge, inutilisable pour d’autres activités. Aujourd’hui, avec une puissance totale de 11 MWc, il devient un pôle de production d’énergie renouvelable majeur.

Grégoire de Pierpont insiste sur un point : la Wallonie peut, et doit, multiplier ce type de solutions. Selon lui, il faut sortir d’une opposition trop simpliste entre développement solaire et occupation des sols. Il existe un potentiel important sur les friches industrielles, les parkings, ainsi que les toitures logistiques et industrielles.

La Belgique face à ses objectifs : lucidité et priorités

Sur la question du rythme de déploiement, le constat est direct : la Belgique est en retard, au moins en partie. La Flandre avance plus vite que la Wallonie. En 2024, la Wallonie n’a installé qu’environ 92 MW, alors qu’il faudrait atteindre 500 MW par an pour s’aligner avec les objectifs européens.

Ce retard s’explique, selon Grégoire de Pierpont, par des choix politiques, un accès limité aux surfaces et une gestion trop statique des capacités du réseau. Il appelle à des incitants clairs, à une meilleure valorisation des parkings et surtout à une gestion plus dynamique du réseau, permettant aux entreprises d’apporter elles-mêmes des solutions de flexibilité.

À l’international, certains pays avancent plus vite. La Chine est citée comme exemple frappant : elle investit massivement dans le solaire pour garantir à son industrie une énergie abondante, stable et bon marché. Le message est limpide : l’accès à une énergie compétitive devient un avantage stratégique majeur.

Une révolution surtout économique, portée par la baisse des coûts

Sur l’évolution technologique, Grégoire de Pierpont nuance : les panneaux sont plus performants qu’il y a dix ans, mais la vraie révolution est économique. Leur prix a été divisé par dix en quinze ans. Le coût des batteries, lui, a baissé de 70 % en dix ans. Cette dynamique rend le stockage économiquement viable et ouvre la voie à des modèles plus intelligents.

Enerdeal parle désormais de Smart PV : solaire, EMS, intelligence artificielle et batteries. C’est cette combinaison qui permet de maximiser la valeur, pour le client comme pour le système électrique.

« Avec le solaire, une fois l’investissement amorti, l’énergie produite devient quasiment gratuite. Pour un industriel, c’est un avantage concurrentiel décisif, mais aussi un pas concret vers la souveraineté énergétique. »

Grégoire de Pierpont, CEO d’Enerdeal

Un message aux industriels : faire du photovoltaïque une solution active

Le message final adressé aux entreprises membres d’Agoria se veut simple : le photovoltaïque n’est pas le problème, il fait partie de la solution. Une solution pour la transition climatique, pour la stabilité du réseau, mais aussi pour l’indépendance et la compétitivité des entreprises.

Grégoire de Pierpont souligne aussi le rôle d’Agoria comme relais entre les entreprises, les pouvoirs publics et les acteurs de l’énergie. Dans un contexte parfois contraignant, l’organisation peut aider à faire entendre la voix de l’industrie, partager les bonnes pratiques et accélérer la mise en place de cadres favorables à l’investissement. Pour Enerdeal, être membre d’Agoria, c’est s’inscrire dans un écosystème qui croit en une transition énergétique pragmatique, compatible avec la compétitivité économique.

Il conclut sur une ambition : sortir d’une vision défensive du solaire. Avec des solutions intelligentes et bien intégrées, les entreprises deviennent des acteurs à part entière du système énergétique. Et c’est exactement ce dont la Belgique a besoin aujourd’hui.

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